Brèves actus : un regard sur le monde

Publié le par natumara

 

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La pub du 12 juin 2012 est une affiche pour l’ONG WWF. Le thème de cette campagne est le recyclage. Les visuels montrent des enfants ayant transformés des objets en jeux. Sans même le savoir, ils ont recyclé. WWF veut donc dire que le recyclage n’est pas forcément compliqué et qu’on en est tous capable. Petit, nous avons utilisé des « déchets » et avons joué avec. Le recyclage n’est donc pas quelque chose qui doit être appris, mais quelque chose qui ne doit pas être oublié. Je trouve l’axe assez intéressant, car il ne s’agit pas d’un énième message alarmant montrant les dégâts causés par le manque de recyclage. Les visuels tentent de ranimer des souvenirs et jouent sur les émotions.

Pub WWF recyclage 1024x682Pub WWF jeu 1024x682Pub WWF carton 1024x682

Agence de communication : 141 SohoSquare, Brésil
Directeur de la création : Celso Alfieri
Directeur artistique : Rafael Goulart

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La pub du 17 janvier 2011 est une affiche pour WWF. Comme les pandas font la une en ce moment, j’ai décidé de faire de même et de parler de pandas. Malheureusement il ne s’agit pas d’une bonne nouvelle. En effet, la déforestation en Chine cause leur disparition. Alors « prêter » 2 pandas c’est bien sympa, mais il faudrait avant tout penser à les sauver ! Le visuel est vraiment sympa. L’arbre coupé écrase le logo WWF. Un bon moyen d’établir le lien entre la déforestation, les pandas et l’ONG.

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Agence de communication : The Name, Italie
Directeurs de la création : Luca Albanese, Francesco Taddeucci
Directeur artistique : Emanuele Pulvirenti

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La pub du 18 décembre 2011 est une affiche pour WWF. La communication porte sur la puissance de notre planète et ce qu’elle est capable de faire si on ne la respecte pas. Les attentats du 11 septembre ont connu une médiatisation bien plus importante que le tsunami. Pourtant, le tsunami a tué cent fois plus de personnes que les attentats du 11 septembre. Si on ne commence pas à respecter notre planète, on risque de connaitre des évènements bien plus dévastateurs. Le visuel affiche très bien la comparaison des deux évènements.

Pub WWF Tsunami

Agence de communication : DDB, Brésil
Directeurs de la création : Sergio Valente, Rodolfo Sampaio, Julio Andery
Directeur artistique : Guilherme Jahara
Date de parution : Février 2009

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La pub du 1er décembre 2011 est une affiche pour l’association WWF. La campagne concerne un sujet peu traité par rapport à la pollution, la déforestation, … il s’agit de la désertification. La désertification est responsable de la disparition de 6000 espèces chaque année. La campagne est bien réalisée et montre bien le parallèle entre la désertification et la disparition d’espèces. Les visuels sont simples et le message est fort. Un bon mélange pour avoir une campagne efficace !

 Pub WWF desertificationPub WWF desertification leopardPub WWF desertification elephant

Agence de communication : Contrapunto BBDO, Espagne
Directeurs de la création : Carlos Jorge, Félix Del Valle
Directeurs artistiques : Aurora Hidalgo, Raúl López

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La pub du 15 novembre 2011 est une affiche pour l’ONG WWF. Cette campagne a pour cible les voyageurs ou futurs voyageurs de pays exotiques. Lorsque vous partez dans un tel pays, vous avez envie de ramener un maximum de souvenirs. Faites attention, car vous ne connaissez pas toujours l’origine du produit que vous achetez. Il est possible que ce souvenir soit réalisé à partir d’un animal. Evitez le massacre et optez plutôt pour de belles cartes postales. Non, vous n’avez pas besoin d’être aussi radicale, mais gardez ce visuel en tête lors de votre prochain voyage.

Pub WWF

Agence de communication : Lowe GGK, Pologne
Directeurs de la création : Kinga Grzelewska, Marcin Nowak
Directeur artistique : Maciek Trybek

 

 

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La pub du 21 octobre 2011 est une affiche pour l’association WWF. Cette campagne joue dans la simplicité et n’a rien de choquant dans ses images. Il s’agit simplement de montrer ce qu’il se passe lorsqu’on coupe un arbre. En effet, en coupant un arbre vous enclenchez un processus qui, à la fin, vous fera disparaitre. Un bon moyen de montrer que les arbres sont essentiels à notre survie. Je trouve le concept plutôt bien trouvé, vous en pensez quoi ? Il manque peut-être une phrase explicative ?

Pub WWF cercle de la vie

Agence de communication : Grey Group, Singapour
Directeur de la création : Ali Shabaz
Directeurs artistiques : Alex Tan, Ang Sheng Jin

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La pub du 19 septembre 2011 est une affiche pour WWF. Cette association cherche à sensibiliser les personnes au problème de la pollution en mer, notamment causée par le plastique. En effet, selon WWF, 70% du plastique se retrouveraient en mer. Cela me parait énorme, mais même si le chiffre réel est moindre, il est important de faire quelque chose. Les visuels sont très bien pensés. On a des photos de la faune marine. Seulement cette faune est quelque peu différente à ce qu’on s’attend de voir. Des coraux constitués de bouteilles en plastique, plutôt effrayant !

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Agence de communication : BBDO Guerrero, Philippines
Directeur de la création : Pia Roxas Ocampo
Directeur artistique : JP Palileo
Publication : Septembre 2011

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La pub du 31 mars 2011 est une affiche pour WWF, une grande ONG œuvrant pour la protection de la nature et de l’environnement. La communication concerne une espèce en particulier, le Thon rouge. Le Thon rouge est une espèce en voie d’extinction. Cela est dû en grande partie à la pêche. WWF cherche à travers sa communication à démontrer qu’il s’agit d’un animal comme un autre. Ce n’est pas parce que c’est un poisson qu’on ne doit rien faire. Même si un poisson est, pour beaucoup d’entre nous, moins glamour qu’un panda. WWF nous pose la question suivante : « Seriez-vous plus attentif si j’étais un rhinocéros, un panda ou un gorille ? » Selon WWF, le thon rouge pourrait disparaitre d’ici 2012 …

WWF Thon rouge pandaWWF Thon rouge rhinoWWF Thon rouge gorille

Agence de communication : Ogilvy, France
Directeur de la création : Chris Garbutt
Directeur artistique : Benoît Raynert

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La pub du 16 octobre 2010 est une affiche pour l’ONG, WWF. Ici le message concerne le réchauffement climatique. On admire une DA très bien réussie et très originale. Un message est passé à travers des cadres situés au-dessus du chauffage, au dessous de la clim et à côté d’un ventilateur. Chaque cadre a pour objet de montrer les effets de ces appareils sur l’environnement. Laissez son chauffage allumé favorise la fonte des glaces, … La signature : Si vous ne l’utilisez pas, éteignez-le. WWF.

WWF IcebergWWF DesertWWF Tsunami

Agence de communication : Contrapunto BBDO, Espagne
Directeur de création : Antonio Montero
Directeur artistique : Tontcho Ponsoda
Publication : Mars 2010

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La pub du 4 octobre 2010 est une affiche pour la célèbre ONG, WWF. WWF milite pour le respect de notre habitat, la planète bleue. Savez vous que certains éléments qui peuvent nous paraitre banals nous permettent de vivre ? Si nous supprimons les arbres de notre planète ainsi que la glace de nos pôles nous disparaitrons. Les arbres et l’eau sont les fondements de la Terre. Soyez écolo !

Agence de communication : Jaleo, Espagne
Directeur de création : Aleix Bou
Directeur artistique : David Garcia

 

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La pub du 25 juin 2010 est une affiche pour WWF. Ces visuels sont simples et percutants. Jusqu’où l’être humain est capable d’aller dans la destruction de son environnement avant de prendre conscience qu’il faut changer certaines de nos perceptions. Ici, des baleines, ours polaires, … se retrouvent taggés comme de simples murs. En dehors de notre manque de respect, nous détruisons ce qui est sur notre passage. Un bon message pour changer les choses !

WWF tag baleine

WWF tag elephantWWF tag rhinocerosWWF tag oursAgence de communication : Ogilvy, France
Directeur de création : Chris Garbutt
Directeur artistique : Emmanuel Bougnères

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La pub du 24 juin 2010 est une affiche pour l’ONG WWF qui a pour mission de préserver l’environnement. Deux visuels ont été créés qui nous montre qu’un monde sans certaines espèces d’animaux serait encore plus terrifiant. Une mer plate qui semble vide nous effraie bien plus qu’une mer avec un requin. Nous devons donc faire en sorte que même les espèces les plus effrayantes à nos yeux ne disparaissent pas !

WWF requin

WWF vautour

Agence de communication : DDB&CO., Turquie

 

EN GUYANE, LA PÊCHE ILLÉGALE MENACE LES TORTUES MARINES, LE DAUPHIN SOTALIE... ET L’ÉCONOMIE LOCALE.

En Guyane, la pêche illégale menace les tortues marines, le dauphin Sotalie... et l’économie locale.

Depuis dix jours en Guyane, l'ensemble de la filière des socioprofessionnels de la pêche a cessé de sortir en mer. Par ce geste symbolique, elle entend rappeler un constat accablant : la majorité des eaux territoriales de Guyane échappe à tout contrôle. Une vérité longtemps minimisée, alors qu'elle impacte indifféremment ressource naturelles commerciales, et espèces menacées.

10 ans de constats.

En février 2003, le WWF organisait le premier survol aérien d'estimation de l'ampleur de la pêche illégale. Lors de ce trajet couvrant l'ensemble de l'Ouest guyanais, sur 15 navires identifiés, 12 étaient illégaux. Ces « tapouilles », provenant des Pays voisins (Suriname, Brésil, Guyana), utilisent de longs filets maillants dérivants pouvant mesurer jusqu'à 10Km. Ces navires illégaux exploitent, selon l'Ifremer, entre 4000 et 8000 tonnes de ressources halieutiques par an, représentant ainsi 200% de l'effort de pêche officiel. L’acoupa rouge (Cynoscion acoupa ), principale espèce ciblée et importante ressource économique en Guyane, montre les premiers signes de surexploitation.

Et encore récemment, aucun signe tangible d’amélioration : lors du dernier survol mené par le WWF, en mai 2012, 44 navires ont été répertoriés : seuls deux battaient pavillon français...

Un impact avéré sur les espèces menacées.

En parallèle au tort causé à la filière « pêche » de Guyane, ces flottilles illégales représentent aussi la pression la plus sérieuse sur les espèces marines menacées. Ainsi, les travaux menés conjointement entre le Comité Régional des Pêches de Guyane et le WWF ont montré que la tortue Luth (Dermochelys coriacea ) est l'espèce la plus communément capturée par les filets maillants dérivants, suivie du Dauphin Sotalie (Sotalia guianensis ). Mais si la tortue Luth souffre d'un taux de mortalité directe de 5% en cas de capture, le sort des dauphins est tout autre : 100% des dauphins capturés ont été retrouvés morts dans ces filets.

En parallèle, les autres tortues marines nidifiant en Guyane (tortues vertes et olivâtres) apparaissent aussi parmi les victimes de ces pratiques. Ainsi, et malgré les importants efforts de protection sur les plages, aucune avancée significative ne peut être aujourd'hui saluée en termes de conservation des tortues marines en Guyane, du fait du maintien de la pêche illégale.

En 2003, dans l’Ouest guyanais, 8 % des tortues luth montraient des blessures attribuables aux captures accidentelles. En 2012, plus de 20 % des tortues luth contrôlées portaient ces mêmes traces caractéristiques, selon le CNRS IPHC.

Le changement, c'est maintenant ?

Le manque de souveraineté nationale dans les eaux territoriales françaises en Guyane reste basé sur des faiblesses récurrentes : des moyens nautiques lourds, et à capacité de déploiement limitée vers les zones frontalières. Parallèlement, un manque important de moyens légers demeure, alors même que la majorité des eaux territoriales affiche de faibles profondeurs.

Fin 2007, une opération d'ampleur baptisée « Tassergal » validée par le Premier Ministre, impliquant les administrations de la défense, de l’intérieur, de la justice, du développement durable, combinant moyens adaptés et coopération avec le Brésil, avait permis un net recul de la pression de pêche illégale. Sur la base de ce modèle, le WWF appelle à la mise en place d'une stratégie spécifique, réfléchie sur la durée, en complément des annonces récentes du Ministres des Outre-mer, et du ministre délégué aux Transports, à la mer et à la pêche.

En conséquence, le WWF renouvelle son soutien au Comité Régional des Pêches et des Elevages Marins de Guyane dans sa volonté d'un contrôle effectif des eaux territoriales de Guyane.

Pour plus d'informations : http://guyane.wwf.fr/

Photo : Dauphin de Guyane mort dans un filet (25 janvier 2013) © WWF

 

En France, des éleveurs promeuvent le vautour en agent de nettoyage

Les éleveurs d'Aste-Béon, dans le sud-ouest de la France, en avaient assez d'attendre que l'équarrisseur vienne les débarrasser de leurs brebis mortes. Ils viennent de s'adjoindre un nouvel auxiliaire de nettoyage, diligent, efficace, mobile, pas cher: le vautour.

Les éleveurs d'Aste-Béon, dans le sud-ouest de la France, en avaient assez d'attendre que l'équarrisseur vienne les débarrasser de leurs brebis mortes. Ils viennent de s'adjoindre un nouvel auxiliaire de nettoyage, diligent, efficace, mobile, pas cher: le vautour.

Les éleveurs d'Aste-Béon, dans le sud-ouest de la France, en avaient assez d'attendre que l'équarrisseur vienne les débarrasser de leurs brebis mortes. Ils viennent de s'adjoindre un nouvel auxiliaire de nettoyage, diligent, efficace, mobile, pas cher: le vautour.

Ils n'ont pas eu à chercher loin: Aste-Béon se trouve dans le périmètre de la réserve naturelle nationale de la vallée d'Ossau, dans les Pyrénées, sanctuaire de la plus grande colonie française de vautours fauves.

Et il est passé le temps où, dans les années 60-70, le vautour fauve, persécuté comme un oiseau de malheur, était menacé de disparition.

Il y avait en 2007 dans les seules Pyrénées françaises près de 600 couples de ce remarquable planeur de plus de deux mètres d'envergure, à la tête couverte de duvet blanc, à la collerette blanchâtre, au plumage fauve qui lui vaut son nom.

C'est donc naturellement que les quatorze éleveurs du groupement pastoral d'Aste-Béon ont pensé au volatile nécrophage, qui se nourrit presque exclusivement de cadavres, pour se faciliter la tâche.

Avec la commune, l'Etat et le parc national des Pyrénées, ils viennent d'installer une "placette d'équarrissage", un enclos où déposer leurs bêtes mortes. Un grillage de deux mètres de haut soutenu par des pieux empêchera d'autres opportunistes que le vautour de venir se servir.

En l'absence d'un tel emplacement, les éleveurs sont tenus par la réglementation de faire enlever leur bétail mort. Cela "peut prendre plusieurs jours s'ils (les équarrisseurs) ne sont pas dans la vallée", dit Patrick Pujalet, président du groupement pastoral. La première usine d'équarrissage est à Agen, à presque trois cents kilomètres et trois heures de route.

La nouvelle placette, elle, est à un quart d'heure. Et les vautours ne sont pas très loin. "Juste au-dessus", dit le maire Augustin Médevielle, en parlant des falaises et éboulis calcaires qui surplombent la vallée et où nichent les vautours.

"cul-de-sac épidémiologique"

Sans placette, "on fait 250 kilomètres avec un camion pour venir chercher la brebis morte, on va la faire cramer avec du pétrole alors qu'aujourd'hui, on est aux économies d'énergie, et cette même brebis, donnée aux vautours, en un quart d'heure il ne reste plus rien, et gratuitement", dit le maire.

Le vautour fauve accomplira le gros de la tâche; les deux autres nécrophages volants présents, le vautour percnoptère et le gypaète barbu, beaucoup plus rares, pourront achever le travail.

Le vautour a la particularité de constituer un "cul-de-sac épidémiologique", disent les spécialistes. L'extrême acidité de son estomac tue les éléments pathogènes qu'un dépôt sauvage de carcasse répandrait dans la nature.

Il ne s'agit surtout pas de nourrir les vautours, insistent tous les partenaires. Ils sont certes protégés, mais ils n'ont plus besoin de ces charniers qu'on mettait autrefois en place pour augmenter leur population. Aucune carcasse ne sera déposée dans la placette en mai pour ne pas donner de mauvaises habitudes aux petits dans leur période de nourrissage.

Il s'agit plutôt de restaurer un lien naturel entre deux utilisateurs de la montagne depuis des temps immémoriaux: le berger et le vautour, explique en substance le sous-préfet Jean-Michel Delvert.

Dans un massif pyrénéen où les éleveurs ont du mal à cohabiter avec l'ours, la coexistence n'a pas toujours été facile avec le vautour. Le président du groupement pastoral d'Aste-Béon se rappelle que, quand les charniers à ciel ouvert ont été fermés à cause de la maladie de la vache folle du côté espagnol de la frontière, des vautours ont pu venir s'en prendre de ce côté-ci à des bêtes affaiblies. Il est favorable à cette relation entre le berger et le vautour, pour autant que les effectifs du vautour n'augmentent pas.

La placette d'Aste-Béon sera expérimentale pendant un an. Mais on est là, dit Philippe Serre, de la Ligue pour la protection des oiseaux, devant "un exemple flagrant du bénéfice induit de la présence du vautour" et c'est "gagnant-gagnant pour l'éleveur".

 

RÉFORME DE LA POLITIQUE COMMUNE DES PÊCHES : LE WWF SALUE LA DÉCISION COURAGEUSE DES EURODÉPUTÉS DE LA COMMISSION PECHE

Réforme de la Politique Commune des Pêches : le WWF salue la décision courageuse des eurodéputés de la Commission PECHE

Hier, les eurodéputés de la Commission PECHE ont voté à 13 voix contre 10 le rapport amendé de la députée Ulrike Rodust sur le règlement de base de la réforme de la Politique Commune de la Pêche (PCP), pierre angulaire de cette réforme. Le WWF salue les résultats de ce vote et appelle l’ensemble des députés du Parlement européen à renforcer la tendance lors du vote en plénière sur la réforme de la PCP qui se tiendra en mars 2013.

 

Malgré un vote difficile, un premier pas a été franchi en faveur d’une pêche durable

 

Après un vote long et difficile portant sur un total de 3000 amendements, la majorité des eurodéputés de la commission PÊCHE ont voté à 13 voix « pour » contre 10 « contre », le rapport amendé de la députée Ulrike Rodust, rapporteur sur le règlement de base de la réforme de la PCP. Il s’agit là d’un signal positif en faveur d’une réforme ambitieuse de la PCP dont se réjouit le WWF.

 

 

« Le WWF salue les résultats de ce vote. Malgré des oppositions de la part de certains partis et/ou délégations pour l’établissement d’une PCP ambitieuse et leur forte volonté de statu quo, un premier pas vers une Politique Commune de la Pêche plus durable a été fait » déclare Isabelle Autissier, présidente du WWF France.

 

 

Le WWF salue les avancées suivantes :

 

  • un engagement pour une reconstitution des stocks au-delà du Rendement Maximum Durable (BRMD) d’ici 2020 ;
  • la mise en place de Plans de gestion Pluriannuels (PPA) par pêcheries dans un délai de 4 ans après l’entrée en vigueur de la nouvelle PCP ;
  • un engagement pour régler le problème des rejets en mer de poissons selon un calendrier précis ;
  • la mise en place d’une régionalisation intégrant l’ensemble des parties prenantes dans la gestion de la pêche ;
  • une participation active de l’Union Européenne dans l’engagement pour une pêche durable au niveau mondial traduit par un engagement sur le volet externe : l’UE ne doit pêcher que le surplus non pêché par les pays tiers, l’UE s’engage à lutter contre la pêche INN (Illégale, Non réglementée et Non déclarée).

 

 

Le WWF regrette néanmoins que l’engagement pour une réelle régionalisation ne se soit pas concrétisé par un vote en faveur du développement d’unités de gestion territoriale, particulièrement adaptées à la spécificité Méditerranéenne. La mise en place des ces Unités de gestion territoriale permettrait d’avoir un cadre solide pour une régionalisation efficace, réelle et adaptée aux problématiques locales.

 

 

Le Parlement européen doit à présent confirmer cette tendance positive

 

« C’est un premier signal très positif, et nous appelons l’ensemble des députés du Parlement européen à renforcer la tendance lors du vote en plénière sur la réforme de la PCP qui se tiendra en mars 2013. » déclare Elise Pêtre, chargée de projet pêche durable au WWF France. « Mais ce premier vote est également un signal fort pour le Conseil européen qui sera amené, en première lecture, à s’exprimer et codécider avec le Parlement européen et la Commission européenne sur l’avenir de la pêche de l’Union européenne ».

 

 

Il est temps d’établir une PCP en faveur d’une pêche durable et économiquement viable à travers l’Union européenne. Une réforme ambitieuse permettra d’assurer un avenir aussi bien à nos océans, nos pêcheurs et aux communautés littorales.

 

 

En ce moment même, au Conseil européen, les Ministres européens de la Pêche se réunissent pour fixer les quotas des principaux stocks de poissons européens pour 2013, espérons qu’ils entendent également ce message.

L'Équateur gèle 20% de son pétrole

Le parc Yasuni, dans la province de Napo, au cœur de la forêt équatorienne qui recèle des sous-sols gorgés de pétrole.
Le parc Yasuni, dans la province de Napo, au cœur de la forêt équatorienne qui recèle des sous-sols gorgés de pétrole. Crédits photo : HEEB Christian/HEEB 

En échange d'une aide financière internationale, le projet Yasuni ITT espère aider à la conservation de la nature et investir dans les énergies renouvelables.

Seul un œil parfaitement averti repère cette si banale petite plante noyée dans la multiplicité des verts amazoniens. Ce pourrait être une fougère de nos fossés. Mayer Rodriguez qui arpente depuis trente ans la forêt y voit bien autre chose, peut-être un peu d'éternité. «Cette plante qu'on appelle Selaginella est la même que celle que l'on retrouve dans certains fossiles datant de l'époque des dinosaures», raconte ce guide, le plus reconnu de la station de recherche scientifique de Tiputini au cœur de la forêt équatorienne. Un symbole de ce qui est encore une forêt primaire, grandie à travers les siècles dans un extraordinaire et très subtil maillage d'espèces de plantes et d'animaux d'une richesse exceptionnelle.

Partagé entre la manne pétrolière émettrice de gaz à effet de serre et responsable du changement climatique et ce trésor de biodiversité qui absorbe le CO2, le gouvernement équatorien a lancé une expérience unique en son genre: geler 20 % (850 millions de barils) de ses ressources en pétrole qui se trouvent sous la forêt en échange d'un financement international étalé sur treize ans, représentant la moitié des revenus potentiels de ce pétrole, soit 3,6 milliards de dollars.

Le projet a été baptisé Yasuni ITT. Yasuni est le nom du parc national qui couvre environ un million d'hectares, l'acronyme ITT correspondant aux trois premières lettres des zones gorgées de pétrole que le gouvernement a mis sous cloche. Initié en 2007, Yasuni ITT a pris officiellement forme en 2010 avec l'appui majeur des Nations unies qui gère le fonds destiné à recevoir les financements.

Protection de la biodiversité

Son objectif est triple: permettre aux populations indigènes (principalement des Waoranis) de continuer à vivre sur leur territoire et à celles qui l'ont décidé de pouvoir vivre totalement isolées du reste de la civilisation, aider à la conservation de la nature et investir dans les énergies renouvelables. Ivonne Baki, la secrétaire d'État en charge de ce dossier, ne ménage pas sa peine. Cela fait des mois qu'elle arpente la planète en quête de financeurs. «Nous avons collecté un peu plus de 100 millions», assure-t-elle, et 187 millions seraient en cours de négociation. Mais l'enjeu est de taille puisqu'il représente pas moins de 300 millions par an dans une période économique particulièrement difficile.

L'Allemagne a ainsi rogné une partie de ses promesses mais plusieurs autres pays notamment d'Europe et d'Amérique du Sud ont mis la main au portefeuille ou parfois annulé une dette. Des milliers de particuliers ont fait des dons, et la France, à défaut pour l'heure de s'être engagée au plan national, a souscrit au projet via plusieurs régions au travers de l'association «Viva Yasuni».

Ivonne Baki a également les yeux tournés vers les grands pays pétroliers. «Nous avons débuté des discussions sur l'idée d'un prélèvement sur chaque baril de pétrole, à la charge de l'importateur, pour alimenter ce fonds et plus largement pour combattre le réchauffement climatique», explique la secrétaire d'État. L'idée devrait être présentée à Doha dans le cadre des négociations internationales sur le climat qui débutent cette semaine. Car outre la protection de la biodiversité, Yasuni ITT permet d'éviter l'émission d'un peu plus de 400 millions de tonnes de CO2. Cela fait partie des rares nouvelles initiatives à l'heure où les négociations internationales sont enlisées dans les sables. «Le protocole de Kyoto est mort, et nous n'aurons pas de nouveaux engagements contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre avant 2020», souligne Carlos Larrea Maldonado, professeur à l'université équatorienne Simon Bolivar.

Quelques critiques et doutes

Si cette initiative est une extraordinaire vitrine pour le gouvernement équatorien sur la scène internationale, il suscite également quelques critiques et doutes. «Pour peser indirectement sur la consommation d'énergies fossiles, le projet demanderait à être répliqué à grande échelle via des engagements similaires de grands pays producteurs de pétrole, Arabie saoudite et Venezuela en tête. Mais cette réplication aurait un coût exponentiel pour la communauté internationale», estime notamment Romain Pirard de l'Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales) dans un article (slate.fr). «C'est la demande d'énergies fossiles qu'il faut réduire et non l'offre.»

Quant aux doutes, ils proviennent de l'inconnu qui pèse si le pays n'arrive pas à lever les fonds, voire sur sa pertinence quand, ailleurs dans le parc, de nouvelles exploitations sont en cours. Si l'Équateur n'écarte pas l'idée d'exploiter ses ressources dans le cas où les financements n'arrivent pas, «Il y a un engagement dans l'accord pour que, dans ce cas, les pays récupèrent leur argent. Mais ce n'est pas un jeu, il s'agit de notre futur», insiste Maria Fernanda Espinosa, ministre en charge du Patrimoine. «Le système qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre n'a absolument pas marché puisqu'elles ne cessent d'augmenter», rappelle de son côté Carlos Larrea qui plaide pour que l'on ralentisse l'exploitation des énergies fossiles et que l'on se tourne beaucoup plus vite vers l'après-pétrole. «Et il est plus logique, assure-t-il, de commencer dans des régions telles que la forêt amazonienne qu'il faut absolument protéger, plutôt que dans des pays où l'exploitation est au beau milieu du désert.»

Sur la base scientifique de Tiputini, loin du bruit politique, protéger cette région du monde est une évidence. «Exploiter Yasuni ITT c'est prendre le risque de dommages irrémédiables pour n'obtenir que dix jours de la consommation mondiale de pétrole», rappelle Diego Mosquera, le responsable de la station.


La création de routes, un désastre pour la forêt

Il suffit de voir les torchères brûler le long de la rivière Napo, au cœur de l'Amazonie équatorienne, pour comprendre que l'extraction du pétrole dans cette région est encore loin d'être faite dans les meilleures conditions environnementales. «La nuit, ce sont des centaines de milliers d'insectes qui brûlent, attirés par la lumière. Au petit matin, ils jonchent le sol sur plusieurs centimètres», raconte Diego Mosquera, le responsable de la station scientifique de Tiputini, installée au cœur de la forêt. Le gaz pourrait être récupéré plutôt que brûlé. Pourtant, les critiques des scientifiques aujourd'hui portent moins sur la façon dont les compagnies pompent le pétrole. «Il existe des méthodes qui sont de plus en plus sûres pour l'environnement», assurent-ils. «Ce que nous redoutons le plus, ce sont les routes que les compagnies tracent dans la forêt pour atteindre les puits», explique Kelly Swing, le directeur scientifique de la station. Elles sont non seulement dommageables pour la biodiversité mais, surtout, elles ouvrent un passage pour les hommes. Les cartes satellitaires montrent toutes le même désastre. Quelques années après la construction d'une route, la déforestation apparaît avec la coupe illégale de bois, l'installation de villages, sans parler de l'accès que cela donne aux contrebandiers vers les animaux sauvages revendus vivants ou pour la boucherie.

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Soyons réalistes, demandons le bonheur

L’homme d’aujourd’hui, homo economicus, peut-il accéder au bonheur? Dans une civilisation de la satiété, la proportion de personnes se disant heureuses est curieusement faible, s’étonne Daniel Cohen. C’est pourtant logique: les enfants gâtés ne le sont jamais assez.

Un manifestant court nu devant le parlement sur la place Syntagma, le 9 octobre 2012. REUTERS/John Kolesidis

- Un manifestant court nu devant le parlement sur la place Syntagma, le 9 octobre 2012. REUTERS/John Kolesidis -

L’homo economicus est-il apte au bonheur? Daniel Cohen en doute, qui examine les doutes et souffrances qui tiraillent l’homme d’aujourd’hui, ruminant son malheur dans la société d’abondance. Dans son livre (Homo economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux) semble inscrit en filigrane le refrain du «c’était mieux avant».

L’auteur s’appuie sur une multitude d’études diverses qui montrent que l’homme aujourd’hui doute, souffre, s’ennuie. La France, on le sait, est championne du monde de la consommation d’antidépresseurs et les tentatives de suicide chez les 15-25 ans progressent dramatiquement. Selon l’OMS, 350 millions de personnes souffrent de dépression («La dépression: une crise mondiale»). Il doit bien s’y trouver quelques Français.

 

Pourtant, objectivement, il ne nous manque rien: nous mangeons à notre faim, nous baisons du soir au matin, nous vivons plus longtemps, nous likons sur facebook et payons notre psy.  Il y a 70 ans, le Français bouffait des rutabagas et chopait la syphilis –tout en risquant une balle dans la peau. Voilà pour les données objectives.

Mais être objectivement «heureux» ne suffit pas à l’être. Notre vie est encore jonchée de souffrances. Daniel Cohen souligne fort justement que les probabilités de licenciements et/ou divorces se multiplient, évoque une mondialisation sans repères, le management par le stress, le temps croissant passé devant des écrans, télévision et Internet, comme autant de moments de solitude, observe un incivisme galopant, va jusqu’à agiter la menace d’une disparition de notre civilisation, menacé par des crises diverses, financière et écologique.

L’âge d’or, graal des vieux

Le chemin de croix de 2012 est-il réaliste? Oui, si on le compare aux mythiques Trente glorieuses: 

«Du point de vue des années cinquante et soixante, l’Amérique, comme l’Europe à la même époque, peut croire qu’elle atteint un âge d’or [1], où la prospérité est partagée équitablement, celui d’un pays soudé par une classe moyenne forte économiquement et moralement.»

Cette vision idéalisée du monde d’avant n’est pas neuve: Stefan Zweig en tira un joli Welt von Gestern, n’importe quel vieillard se souviendra de sa jeunesse comme d’un âge d’or. Daniel Cohen enjolive –un peu– ce passé où cols blancs et bleus fraternisaient de pavillon en pavillon. Son regard évite presque la veillée au coin du feu qui agiterait la nostalgie de la France de Farrebique. On lui en sait gré. Car ce monde a disparu et le bonheur rétrospectif qu’il promet est sans doute aussi chimérique que mensonger.

Peu importe: c’est au présent que nous aspirons au bonheur. Et l’atteindre est plus compliqué qu’il n’y paraît.

«L’homme moderne aspire à l’autonomie, à la liberté de réaliser un dessein digne de ses attentes. Mais il découvre sur son chemin un obstacle imprévu: la compétition avec les autres.»

A cette compétition s’ajoute l’impact d’une interminable crise économique. Les inégalités s’accroissent et l’homo economicus, fragilisé dans son modèle, s’inquiète d’une société rongée par l’amertume et le désenchantement. La promesse de bonheur lui échappe au point de devenir improbable. Parenthèse: si les inégalités créent des souffrances, faut-il en déduire que l’égalité ferait le bonheur? On évitera soigneusement de répondre.

Max Weber est bling bling

Revenons aux inégalités, celles des revenus. L’auteur souligne à juste titre que «la promesse d’une société postmatérialiste a été faite depuis bien longtemps, et toujours en vain». Il y a toujours, pour la majorité, des difficultés à boucler les fins de mois, avec notamment la hausse des dépenses incompressibles (logement, eau, énergie, assurances, impôts...).

En revanche, l’auteur évoque, et c’est passionnant, l’émergence d’une égalité «culturelle», résultant de la démocratisation des loisirs. Face à l’embourgeoisement des ouvriers, «il faudrait parler aujourd’hui d’une “prolétarisation” des riches, du point de vue de leur imaginaire.»          

Il n’y aurait plus de distinction sauce Bourdieu:

«L’aspiration à la “haute culture” des nouveaux riches s’estompe. La richesse se suffit désormais à elle-même.»

Et il ne s’agit pas tant de gagner beaucoup d’argent que de l’afficher. Avec Mickael Vendetta, l’éthique du protestantisme a pris un coup de vieux.

C’est cette «finitude» du désir qui sans doute marque notre temps: plus rien ne nous semble interdit. Nous avons tout. L’indigne bronca des eurosceptiques à l’annonce du prix Nobel de la paix montre à quel point nous sommes devenus des enfants gâtés. Enfants gâtés de la paix, des richesses, du plaisir, de la santé, de la vie.

A Noël, l’orange est devenue obèse

Exemple: les fêtes de Noël sont gagnées par l’obésité des cadeaux. Ma grand-mère me disait: «Pour mon Noël, j’avais une orange que je dégustais pendant plusieurs jours...»  (elle exagérait sans doute un peu).

C’était il y a moins d’un siècle. Ceux qui ont 20 ans aujourd’hui n’entendront plus de tels propos, leurs grands-parents étant des baby-boomers joufflus. Pourtant, qui peut assurer qu’un enfant déchirant frénétiquement l’emballage de ses cadeaux sous le sapin avant d’en regarder le contenu éparpillé, vaguement dépité de ce trop-plein de consommation, est plus heureux aujourd’hui?

Il l’est.

Cet enfant est plus heureux parce qu’il est moins battu, moins violé, va plus longtemps à l’école (et ne marche pas en sabots une heure chaque matin pour y aller), joue plus souvent, ne sera pas orphelin (d’un père mort à la guerre, d’une mère morte en couches), pourra choisir sa vie. Qu’il fasse sa crise d’ado, déprime, souffre, pointe au chômage, se fasse larguer, se taillade les veines même: nul doute là-dessus. Mais sa part de bonheur est incommensurablement plus grande que celle d’un enfant né en 1900.

L’Etat-providence y a pourvu, les progrès techniques et économiques aussi. Sans qu’il s’en rende même compte, la prise en charge par la collectivité de nombre de besoins vitaux (retraite, vaccins, école...) lui donne loisir d’organiser sa vie. Nous avons du temps. Du temps libre.

Une vie de bonheurs solitaires?

Est-ce là que le bât blesse? Face à lui-même, l’homo economicus semble parfois désemparé. Nous passons trop de temps sur Internet et devant la télé, estime Daniel Cohen. Pour notre plus grand malheur?

Selon une étude, «le temps passé sur Internet est souvent corrélatif de solitude et de moindre satisfaction» qu’une réunion entre amis. Un malheur addictif alors: serions-nous à ce point masochistes? J’émets l’hypothèse inverse: nous y prenons du plaisir et ça n’est pas près de s’arrêter.

L’égoïsme gangrène les rapports sociaux, est-il dit, de l’incivisme jusqu’à la famille atomisée. Aux Etats-Unis, «la vie au sein des familles devient plus solitaire aussi. Seul un tiers des ménages déclare désormais prendre leur repas ensemble (contre 50% vingt ans plus tôt)». 

Là encore, on aimerait retourner l’argument: un repas en famille est-il toujours un moment de bonheur? De A nos amours à Festen, le cinéma en a parfois douté. Soyons iconoclaste: l’égoïsme est aussi un bonheur.

Du PIB au BIB: l’Etat est amour

Vient le temps de la réflexion globale. Evoquant le produit intérieur brut, l’auteur avec prudence s’interroge:

«Le bonheur n’offre-t-il pas un critère plus utile pour les politiques publiques que la richesse produite?»

Faudrait-il passer du produit intérieur au bonheur intérieur brut, du PIB au BIB? Tendance bien française que de vouloir trouver une réponse étatique à des questions individuelles! A l’évidence, ce BIB est l’apocope de biberon, une forme de mamelle de l’Etat providence à laquelle nous nous agripperions pour être heureux.

Car imaginer que l’Etat fasse mon bonheur, hum... comment dire ? cela m’inquiète. Si Daniel Cohen pointe cette «servitude volontaire» par laquelle, via les réseaux sociaux, nous nous mettons en permanence sous le regard des autres, il n’analyse guère le poids croissant des pouvoirs publics dans la sphère de l’intime.

Comment ignorer ce paradoxe d’un monde libéralisé où l’Etat, particulièrement en France, s’immisce de plus en plus dans la vie privée? Il n’est plus rien qui échappe à sa vigilance et à son besoin maternant de faire notre bonheur.

L’Etat observe, accompagne, guide, limite nos repas, notre sexualité, nos loisirs. Il nous dit de ne plus fumer, de boire de l’eau quand il fait chaud, de mettre un préservatif et de manger cinq fruits et légumes par jour. Fête de la musique, Paris plages, Nuit blanche... il nous dit même de nous amuser. D’être heureux. En contrepartie, il agite des menaces multiples dont il faudrait nous protéger alors que nous n’avons jamais aussi bien vécu. Nous voici protégés et insécurisés à la fois, heureux et malheureux.

Michel Schneider avait baptisé Big Mother cette étonnante propension de l’Etat à nous materner, délaissant ses fonctions régaliennes, censément plus «paternelles». Comme une mère aimante, l’Etat souhaite le meilleur à ses nourrissons: «éliminer le mal, l’exclusion, la différence des sexes, le racisme, le travail, la maladie...»

Les politiques ont emboîé le pas, dans un discours de plus en plus compassionnel. Et impuissant car «l’Etat ne peut pas tout», comme osa le dire un de ses représentants. N’en déplaise au «Président des bisous», l’Etat ne nous donnera pas d’amour et ne fera jamais notre bonheur. Car nous ne sommes évidemment pas satisfaits et, en enfants capricieux, fustigeons l’Etat dans sa prévoyance (la grippe aviaire) comme son imprévoyance (la canicule).

Chaque nouvel iPhone donne raison à Schopenhauer

C’est ailleurs que l’homo economicus doit chercher son bonheur, dans la construction et la gestion de son désir. Le bonheur est ce qui n’existe pas, se perçoit, s’atteint, jamais ne dure. Seul le désir, toujours renouvelé et différent, est observable. A cela, nombre de philosophes ont opposé leurs «solutions» et l’on fit grand cas d’une première gorgée de bière (aux descendances incertaines).

Pour les uns, il faut savoir satisfaire certains désirs, pour les autres y renoncer. Mais peut-on maîtriser nos désirs en 2012? La frénésie de consommation qui est aujourd’hui la nôtre s’accompagne d’une étrange morosité. L’homo economicus a quelque chose de schopenhauerien: 

«Tout vouloir procède d'un besoin, c'est-à-dire d'une privation, c'est-à- dire d'une souffrance. La satisfaction y met fin; mais pour un désir qui est satisfait, dix au moins sont contrariés; de plus, le désir est long, et ses exigences tendent à l'infini; la satisfaction est courte, et elle est parcimonieusement mesurée. Mais ce contentement suprême lui-même n'est qu'apparent: le désir satisfait fait place aussitôt à un nouveau désir; le premier est une déception reconnue, le second une déception non encore reconnue.»

Ce qui nous indiffère aujourd’hui émerveillerait nos ancêtres mais nul n’en a cure. Orphée nous a appris à ne pas regarder derrière nous: est-ce un bien? Le désir, et parfois l’envie, guident nos pas, nous observons notre voisin de travers. Nous aimerions l’égalité mais de préférence pour les autres, nous réservant la satisfaction du toujours plus: plus d’argent, plus d’amour, plus de temps, plus de plaisirs... notre malheur réside aussi dans la comparaison et il n’y a là rien de nouveau.

Nous sommes tous des Frédéric Moreau

De là vient, je crois, notre «malheur»: nous sommes fondamentalement, résolument, définitivement médiocres. Et cela avec une grande constance, homo economicus comme homo cavernus (sic). Sans doute est-ce Flaubert qui s’est fait le meilleur peintre de notre médiocrité. Qu’il s’agisse de l’amour (Emma Bovary) ou de la connaissance (Bouvard et Pécuchet), tout chez lui est déceptif. Ce qui n’empêche nullement de vivre. Bouvard et Pécuchet auront tout raté mais tout essayé. Madame Bovary se suicide mais elle a aimé (et couché, aussi).

J’ai un faible pour l’Education sentimentale dont le personnage principal rate consciencieusement sa vie. Mieux: Frédéric Moreau s’observe en train de rater sa vie sans en être vraiment désolé.

Une rapide lecture de Schopenhauer nous montre une vie qui oscille entre l’ennui et la souffrance. C’est sans doute vrai, mais qu’il nous soit permis d’y ajouter la dérision flaubertienne. Il est temps de plaider pour un bonheur médiocre.

Jean-Marc Proust

[1] Une équité bien inégalitaire pourtant car c’est faire peu de cas des exclus d’alors: les noirs, les femmes, le tiers monde, le bloc de l’Est... Retourner à l'article

Pour une Politique Agricole Commune (PAC) soucieuse de la nature et des Hommes

Cette pétition doit être validée par la Communauté Avaaz avant publication
Pour une Politique Agricole Commune (PAC) soucieuse de la nature et des Hommes

Pourquoi c'est important

Le sommet européen des 21 et 22 novembre prochain réunira les chefs d'État et de gouvernement pour décider du prochain budget de l'Union Européenne.

C'est à ce moment-là que sera décidée l'attribution des montants pour les différentes politiques européennes.

40% de ce budget est consacré à la Politique Agricole Commune (PAC) : aujourd'hui, les aides apportées aux agriculteurs soutiennent majoritairement une agriculture intensive, sans grande exigence en matière de respect de l'environnement.

Il faut faire évoluer les objectifs de la PAC et exiger que les aides attribuées soutiennent une agriculture durable, respectueuse de la nature et de la santé humaine.

Il n'est plus acceptable que l'argent des contribuables soit distribué sans une contrepartie forte à la conservation de la biodiversité, des sols et de l'eau !

En votant le budget européen, les chefs d’État et de gouvernement ne doivent pas signer un chèque en blanc.

Pesez sur les décisions en signant et faisant signer la pétition adressée au Président de la République avant le 22 novembre !

 

Pétition cliquez sur le lien link

 

Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde,  une plongée fascinante dans le monde de la finance.

 

Les OGM à l’épreuve de la démocratie : le professeur Séralini œuvre pour la santé publique en lançant l’alerte

Après avoir présenté son étude sur un OGM et son herbicide (Roundup), l’équipe du professeur Séralini, a demandé à ce que cesse « le secret industriel sur les évaluations d’OGM ».

 Ils sont au cœur d’une controverse médiatique et scientifique. Au cœur de notre alimentation affirment les plus alarmistes. Les OGM (pour organismes génétiquement modifiés) sont des organismes vivants qui ont vu leur patrimoine génétique modifié, adapté, par l’Homme afin de répondre à certains critères prédéfinis. Une modification issue du génie génétique c’est à dire une insertion dans le génome (par transgénèse) d’un ou plusieurs nouveaux gènes. Ces OGM sont bien connus du grand public : ils sont le cheval de bataille « d’ anti » depuis de nombreuses années, et un sujet de préoccupations pour beaucoup de nos concitoyens. Pourquoi une telle défiance à l’égard de la science ? 

 Peut-être tout d’abord parce qu’on touche à un tabou anthropologique inhérent à toute modification génétique, celui de s’accaparer le don (divin diront les plus pieux) de modifier la vie pour l’adapter à nos besoins. Ce bouleversement initial des croyances et de l’ordre établi, voulant que la nature a bien fait les choses, et qu’il est dangereux de s’en mêler, est un premier point de friction dans une mécanique scientifique pas si bien huilée que les utilisateurs et producteurs d’OGM voudraient nous faire croire.

 Ces producteurs, sont bien souvent, dans le secteur le plus connu du grand public (en écartant celui prometteur de la santé) des entreprises qui ont mauvaise presse. L’exemple le plus connu concerne l’américain Monsanto, entreprise spécialisée dans les biotechnologies végétales (aussi tristement connue pour l’agent orange utilisé pendant la guerre du Viêt Nam).

 Elle est l’un des principaux producteurs de semences génétiquement modifiées. Ces plantes transgéniques ont comme utilité de voir leur résistance aux ravageurs accrue, à la sécheresse, une plus grande tolérance aux herbicides ; les exemples sont nombreux et la liste loin d’être exhaustive. La cadence de production est le principal argument en faveur de l’utilisation de la technique, Monsanto exprimant les choses de façon assez claire sur son site : « Monsanto est une société consacrée à l´agriculture. Nos innovations et notre technologie aident les agriculteurs du monde entier à produire plus en préservant plus. »

 Produire plus, plus vite, afin de lutter contre la faim dans le monde diront certains. L’enfer est pavé de bonnes intentions commenteront les autres.

 Le professeur Séralini, lui, a un avis appuyé sur la question. Spécialiste de la biologie moléculaire, et chercheur à l’Institut de biologie fondamentale et appliquée (IBFA) de Caen, il s’est récemment fait connaître du grand public grâce à ses études sur les OGM. Tout le monde a en tête l’image de ces rats aux corps affreusement déformés par une alimentation en OGM.

 

 

 

 Le public découvre avec horreur ce que les industriels du secteur ont caché pendant de longues années, à savoir l’existence du doute. Doute sur la nocivité de tels procédés (aucune étude n’ayant eu lieu sur plus de deux années), sur le réel effet que peuvent avoir l’introduction massive d’OGM dans notre système de production agro-alimentaire.

 « Il n'y a pas d'étude sur la vie entière des rats (entre 25 et 30 mois) sur le maïs NK603 et il n'y a pas d'étude longue sur les effets sur la santé de l'herbicide Roundup mais seulement sur son principe actif le glyphosate », a expliqué Corinne Lepage. Ce maïs est produit par la firme Monsanto et résistant à l’herbicide Roundup, produit par le même fabriquant. Une véritable controverse scientifique et médiatique s’est installée depuis lors et anime de nombreux débats.

« L’Europe a la réglementation la plus contraignante au monde en matière d’OGM » objecte Philippe Joudrier, ex-président du comité d’expert de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) qui poursuit : « Cette étude ne fait pas peur, c’est une publication qui va dans le même sens que toutes les autres de monsieur Séralini ». Les détracteurs critiquent en effet le protocole d’étude mis en place par l’équipe du professeur Séralini. Le choix de la souche de rat prête selon eux à confusion : les rats présents dans l’étude développent naturellement davantage de tumeurs que les autres rats.

Le professeur Séralini rétorque qu’il s’agit de la souche habituellement utilisée par la communauté scientifique internationale, qui ne teste les OGM que sur une période de trois mois. Cette durée de trois mois est la principale critique qu’il adresse aux différentes commissions chargées de valider ou non la mise sur le marché de produits ; ces derniers ayant accepté des résultats d’études basées sur une vision à court-terme, réalisées sur un laps de temps réduits et commandées par des industriels, juges et partis.

L’agence européenne EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a demandé des compléments d’information. Le professeur Séralini a refusé de diffuser ces compléments uniquement à l’EFSA, dont il se défie, estimant que l’agence a couvert ces fameux tests non scientifiques d’une durée de trois mois réalisés par Monsanto et qu’elle a autorisé la mise sur le marché de produits sujets à caution.

Dans un entretien à Libération le 12 octobre, Gilles-Eric Séralini va plus loin dans sa critique de l’EFSA :

« Je ne reconnais pas l’Efsa comme une autorité indépendante. Le quitus de son budget n’a pas été donné pendant une longue période pour conflits d’intérêts par le Parlement européen. L’Efsa nous réclame les données de nos tests. Nous sommes d’accord pour les rendre publiques, à condition que ces agences mettent elles-aussi sur le tapis les données de leurs tests qui ont conduit à l’autorisation des OGM et du Roundup. Il faut que ces éléments soient tous disponibles, mis en ligne sur un site public, afin que chacun puisse comparer ce qui a été fait ou pas. Je rappelle que nombre de personnes siégeant à l’Efsa vont devoir se prononcer sur une étude qui remet en cause leurs propres procédures d'évaluation des plantes transgéniques. Comment imaginer que ces personnes se déjugent à ce point ? »

 

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Gilles Séralini et son équipe – France 3

 

La question qui se pose alors est pourquoi une telle levée de boucliers et une controverse aussi importante face à un problème pointé du doigt par un professeur devenu bien malgré lui lanceur d’alerte ? Celui-ci ne s’est pas contenté de critiquer sans fournir le commencement d’une preuve. Il a proposé une méthodologie inédite en installant un temps d’étude plus long, et nous livre aujourd’hui des résultats alarmants. Plutôt que d’écouter les avertissements de ce dernier, une lutte économique a lieu, les intérêt des leaders du secteur étant menacés, et tous les décideurs montent au créneau pour tenter d’enterrer l’étude. Comment dès lors protéger le professeur Séralini, et surtout protéger son droit au doute, à l’interrogation, au questionnement salutaire qui fait que parfois, des systèmes entérinés par toutes les autorités jugées compétentes mènent à de véritables catastrophes sanitaires ? Ce droit au doute est ce qu’il y a de plus précieux pour notre démocratie. Œuvrer pour protéger la santé publique, c’est prêter toute l’attention nécessaire aux voix discordantes mais qui nous donnent souvent la bonne direction à suivre.

 

Le monde selon Monsanto

Les missions militaires au service de la biodiversité ?

La protection de la biodiversité serait-elle une nouvelle mission militaire de ce siècle ? Deux secteurs traditionnellement en totale opposition, quoique...

De nombreuses recherches ont identifié des liens, au moins indirects, entre les mécanismes qui mènent à des conflits et l’environnement. Les institutions de sécurité se positionnent fermement sur le sujet, tout particulièrement l’OTAN qui a inscrit la sécurité environnementale à son nouveau concept stratégique. Les Nations Unies sont également convaincues que l’environnement représente un levier pour reconstruire la paix, voire même pour prévenir les conflits. Cette orientation est largement relayée dans les discours officiels de ses Secrétaires Généraux - Kofi Annan, Ban Ki Moon - et se traduit dans les faits par des évaluations environnementales post-conflits considérant les impacts sur la biodiversité, comme en Irak, au Kosovo, au Liban ou en Afghanistan.

 Les armées ont également compris que la biodiversité est une richesse. Les millions d’hectares de terrains d’entraînement représentent un refuge pour des habitats et des espèces animales et végétales que les militaires s’engagent aujourd’hui à protéger. Certains pays vont bien au-delà, l’Inde dispose d’unités spéciales dédiées à la protection de l’environnement, et les États-Unis ont mis en place un think tank pour conseiller l’armée sur sa stratégie environnementale.

 Mais si les armées se préoccupent d’environnement, c’est aussi qu’elles y ont tout intérêt. Rentabiliser leurs effectifs et leurs équipements, redorer leur image auprès du public, légitimer leur présence sur les terrains d’entraînement, engager le dialogue avec les armées d’autres pays ou experts du civil sont autant d’opportunités que la protection de la nature leur fournit.

Pourquoi les armées n’interviendraient-elles d’ailleurs pas dans des pays étrangers pour en protéger les richesses biologiques, pour stopper la destruction d’une forêt primaire par exemple ? Un scénario déjà envisagé par les plus hautes instances américaines…

 

"Les missions militaires au service de la biodiversité" par Sarah Brunel

L’athéisme face aux religions

L’humanité connut les temps mythiques qui furent les temps des dieux et des héros. En ces temps-là, l’aube de l’humanité, la société s’organisait à peine. Les mythologues, les archéologues, les philologues, les ethnologues n’en finissent pas d’exhumer les vestiges de ce qui fut les premières civilisations, les premières interprétations du monde et de l’univers.

Nous avons hérité de textes mythologiques magnifiques, qui témoignent des interrogations de nos ancêtres et de leurs aptitudes poétiques et philosophiques qui y répondent.

Ces systèmes de pensée, c’étaient les religions. On sait tous que les religions monothéistes vinrent remplacer les religions polythéistes, conservant néanmoins un sens du merveilleux.

Ce ne sont pas elles qui sont responsables des crimes que l’on commit en leur nom. Les différentes religions se succédant, ce sont les sociétés humaines qui évoluaient et progressaient. Et progressaient si bien qu’elles finirent par postuler philosophiquement l’inexistence de tout dieu.

Sont-ce les religions qui sont responsables des persécutions juives ? De l’Inquisition ? Des guerres de religions et/ou des schismes ? Les crimes, les massacres, les génocides furent-ils imputables à une seule d’entre elles ? Le colonialisme ? Le racisme Le nazisme ? Le terrorisme ?

Ou bien faut-il comprendre qu’elles sont les otages des sociétés de classe dans lesquelles s’affrontent des forces conservatrices et des forces émancipatrices ? Les USA sont-ils devenus impérialistes à cause de l’Eglise réformée, le sionisme à cause du judaïsme, le racisme à cause du christianisme, le terrorisme à cause de l’Islam ?

Toutes ces religions délivrent au contraire un message de paix et parviennent à un humanisme raisonné.

La question mérite d’être posée et creusée. Car si, en effet, toute religion se donne pour mission de maintenir par conservatisme évident un état social et un état des connaissances, elle se voit contestée de l’intérieur par des croyants lucides et progressistes.

La religion n’est pas en soi un instrument de domination mais le lieu de conflits idéologiques et sociaux.

Il ne faut donc pas se tromper : l’athéisme militant ne doit en aucune façon devenir intolérant, arbitraire et dictatorial. Il doit, au contraire, considérer les religions comme un lieu de la pensée humaine élaborée et soumise à des contradictions dialectiques qui postulent en même temps l’idée de Dieu et, du coup, celle de son inexistence.

 

Ecrit par YAPADAXAN

 

Non à l'abattage rituel sans étourdissement des animaux et à l'élevage intensif...


  


 

Autrefois, c’était plein de coquelicots...

 
 Claude Bourguignon, Ingénieur agronome (2008) :
 
« Quand on a commencé à montrer que les sols mouraient biologiquement, on nous a demandé de nous taire.
On a alors quitté l’Institut (INRA) et on s’est mis à notre compte. On estimait que notre devoir de scientifique était d’alerter le monde agricole sur la voie qui avait été désormais choisie et qui ne permettait pas de faire une agriculture pérenne.
 
 
Nous essayons de maintenir vivantes des plantes qui ne demandent qu’à mourir tant elles sont malades ; ça n’a rien à voir avec l’agriculture qui est de cultiver des plantes saines.
 
En 1950, on mettait un pesticide sur les blés en Europe ; il n’y avait pas un traitement fongique qui était appliqué ; maintenant c’est au moins trois ou quatre sinon le blé est pourri avant d’arriver au silo.
 
Quand on met trop d’azote, le blé tombe alors on ajoute des hormones pour raccourcir les tiges. Autrefois les blés faisaient 1,50 m maintenant ils font 70 cm à cause de ces hormones qui font disparaître toute la flore mais les gens ne le savent pas. Autrefois, c’était plein de coquelicots, il y avait plein d’autres espèces, une biodiversité. On est en train de tuer tout ce qui est à la source de vie.
 
L’argument « Oui mais les gens vivent de plus en plus longtemps » ne tient pas.
Les gens qui ont 80 ans maintenant n’ont pas connu l'agriculture chimique avant l’âge de 50 ans puisque cette nouvelle agriculture est apparue dans les années 70. Moi, quand j’étais gamin, le lait avait encore le goût de lait de vache.
 
Ce phénomène est tout récent dans l’histoire de l’humanité : ça meurt, ça meurt et les gens attendent et se disent « peut-être qu’un jour, on va voir que ça va péter ».
 
En Europe, on a tué 90% de notre biodiversité. Les écologistes se demandent « est-ce que c’est à 95% que le système va lâcher ? ». On ne sait pas.
 
 
Ces faits, pour le moins alarmants, ont-ils le moindre rapport avec les résultats de l’étude menée par le Docteur Freddie Bray, du Centre international de recherche sur le cancer (dépendant de l’OMS), publiés en 2012 dans la revue médicale « The Lancet Oncology » qui prévoit que les cas de cancers dans le monde pourraient augmenter de 75% d’ici à 2030  ?
 
On ne sait pas ?


 

"L"étrange déprime" française: l'école en cause, comme en 1940 .

Dans "L'Etrange défaite", l'historien Marc Bloch a magistralement montré que la débâcle de 1940 provenait d'une mauvaise formation des élites françaises. L'histoire se reproduit-elle avec notre débâcle économique actuelle ...

 

 

En cette rentrée où l’on ploie sous les mauvaises nouvelles économiques, et où fleurissent, comme d’habitude, de nombreuses analyses sur l’école, c’est la relecture d’un livre exceptionnel écrit en 1940 -  « L’Etrange défaite » de l’érudit historien Marc Bloch - qui nous retient. Car on comprend bien - même si François Hollande ne nous l’a pas tellement expliqué - que le désespérant état de langueur actuelle de la France ne résulte pas juste de la crise économique  de 2008 (dite des « subprimes »). Notre dette grimpe sans interruption depuis plus de 25 ans, l’effondrement de notre balance commerciale s’aggrave de façon inexorable depuis 10 ans, la perte de compétitivité de notre industrie n’est pas survenue subitement, elle est signalée de longue date par nombre d’études, la décrépitude de nos universités était patente depuis des décennies, et on sait depuis au moins 15 ans que 150 000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans le moindre bagage monnayable, sans y remédier.

Dans ce contexte il est passionnant de revisiter le raisonnement implacable avec lequel Marc Bloch impute notre débâcle de 1940 – l’un des plus dramatiques épisodes de notre histoire -  à une carence intellectuelle collective, entraînée par un manque de remise en cause, d’ouverture d’esprit et d’audace de nos élites à l'époque. Le grand historien impute de façon convaincante une bonne part de ce déclin à ce qu’était notre école dans les années 30. Cet ancien de Normale Sup, prof de lycée et d’université, savait de quoi il parlait.  Engagé volontaire, héros de la résistance, il écrivit ce livre d’un seul trait durant le dramatique été 40, caché à l’abri de l’invasion allemande, avant d’entrer en résistance et d'être torturé puis fusillé par les allemands. Son manuscrit fut sauvé par miracle.

Bloch explique comment les élites françaises, imbues de certitudes, ont très mal analysé la montée des périls des années 30 et les causes profondes du Front Populaire. Il montre que dans tous les domaines - politique, militaire, économique… - les dirigeants français d’alors baignaient dans un conservatisme plus ou moins béat  ("Nous avons la meilleure armée du monde" clamait-t-on le 14 juillet 1939, qui vit défiler 30 000 soldats devant un million de parisiens) et dans le déni. Il décrit avec beaucoup de finesse et sans détours le goût des médiocres combines politiques, la prédilection pour les protections et les « Lignes Maginot », la grande difficulté à innover face à l’imprévu, le culte des certitudes qui tuent et une constante façon de traiter les problèmes de demain avec les recettes d’hier. Bloch impute cette façon d’avoir « une guerre de retard » à un système éducatif générateur d’œillères, de conformisme, et d’autosatisfaction.

 « Une société plus usée psychologiquement que physiquement »

Il consacre un chapitre entier aux réformes qu’il suggère d’apporter à l’école et à l’enseignement supérieur pour que notre pays soit moins frileux et replié sur lui-même. De façon impressionnante, on découvre que ce qu’il préconise en 1940 …reste d’une troublante actualité. Ne continuons-nous pas à vouloir nous abriter derrière des Lignes Maginot (sortie de l’Europe, rétablissement des frontières, demandaient plusieurs candidats à la présidentielle), des principes de précaution, des peurs de la mondialisation, des certitudes (d’avoir un bon, voire très bon, système éducatif ),  au lieu d’accueillir l’imprévu, la nouveauté  et la remise en cause avec esprit d’entreprise et optimisme ?

Tout ceci semble en rapport avec le profond malaise actuel de la société Française, championne du pessimisme dans les sondages internationaux.  Malaise souligné par l’ancien Médiateur de la République, Jean Paul Delevoye, qui décrivait en termes inquiétants, dans son rapport annuel 2009, une "société plus usée psychologiquement que physiquement".  C’est - quasiment au mot près - ce que disait Marc Bloch de notre état en… 1939.

Voici, ci-après, les réformes que cet universitaire et héros ( père de famille nombreuse, Croix de  Guerre 1914, il exigea d’être mobilisé à 54 ans, et le paya de sa vie ) appelait de ses voeux pour que l’école cesse de produire  "des profils conformistes et manquant d'esprit critique

 La maladie du bachotage

« De tant de reconstructions indispensables, celle de notre système éducatif ne sera pas la moins urgente . Notre effondrement a été avant tout, chez nos dirigeants et dans toute une partie de notre peuple, une défaite à la fois de l’intelligence et du caractère.  Parmi ses causes profondes, les insuffisances de la formation que notre société donnait à ses jeunes ont figuré au premier rang. Un mot, un affreux mot,  résume une des tares les plus pernicieuses de notre système éducatif : celui de bachotage. Le secondaire, les universités, les grandes écoles en sont tout infectés. « Bachotage » : autrement dit : hantise de l’examen et du classement. On n’invite plus les étudiants à acquérir les connaissances, mais seulement à se préparer à l’examen.  Dans ce contexte l’élève savant n’est pas celui qui sait beaucoup de choses, mais celui qui a été dressé à donner, par quelques exercices choisis d’avance, l’illusion du savoir. Au grand détriment de leur instruction, parfois de leur santé, on plonge trop précocement les élèves dans la compétition  afin d’éviter tout retard pour intégrer telle ou telle grande école. Il n’est pas nécessaire d’insister sur les inconvénients intellectuels d’un pareille « manie examinatoire ». Mais ses conséquences morales, c’est la crainte de toute initiative, chez les maîtres comme chez les élèves, le culte du succès substitué au goût de la connaissance, une sorte de tremblement perpétuel et de la hargne,  là ou devrait au contraire régner la libre joie d’apprendre."

Que de sujets toujours d'actualité dans ce texte !  La violence à l'école ( il dit "tremblement et hargne"), le problème de la phobie scolaire ( il parle de la santé), de la sélection par l'échec (baptisée "manie examinatoire"), de la diplômite, du manque d'initiative des élèves ( les études PISA de l'OCDE montrent que les jeunes français sont ceux qui osent le moins s'exprimer et poser des questions en classe de peur de se tromper et/ou être stigmatisés)...

 Alléger les programmes du secondaire

"Au lycée il faudrait une très souple liberté d’options dans les matières. A cause du bac, la France est l’un des rares pays ou toute l’expérimentation pédagogique, toute nouveauté qui ne s’élève pas immédiatement à l’universel se trouve interdite. Des allègements sérieux peuvent être apportés aux programmes. Mais il sera difficile de persuader des maîtres que les méthodes qu’ils ont longuement pratiquées n’étaient peut être pas les meilleures ". 

 Qui croit encore au bac ?

« Pourquoi noter au point ou au demi point près alors que la façon de noter varie beaucoup d’un enseignant à l’autre ?  Ramenons, comme dans d’autres pays l’échelle des notes à cinq grandes catégories : très mauvais, mauvais, passable, bien, très bien (…)  Qui croit encore au baccalauréat ? Des procédés de sélection demeureront nécessaires, mais plus rationnellement conçus. »

La notation, le bac : deux sujets totalement d'actualité ! ! 

 Manque de recherche dans les grandes écoles

« L’enseignement supérieur a été dévoré par les grandes écoles. Qu’est ce qu’une faculté de lettres, sinon avant tout une usine a fabriquer des professeurs ? Tout comme Polytechnique est une usine à fabriquer des ingénieurs. D’où deux résultats déplorables. Le premier est que nous préparons mal à la recherche scientifique. Et que cette recherche de ce fait périclite chez nous. Notre rayonnement international en a été gravement atteint. Dans les grandes écoles nous formons des chefs d’entreprises qui sont de bons techniciens, mais sont sans connaissances réelles des problèmes humains. Nous avons des administrateurs qui ont horreur du neuf. Et nous créons des petites sociétés fermées où se développe l’esprit de corps, qui ne favorise guère la largeur d’esprit. »

 Encore une rafale de sujets brûlants d'actualité: le manque de recherche dans les grandes écoles, le manque de rayonnement international, attesté par l'absence d'université française dans les 35 premières universités mondiales du classement de Shanghaï ( et seulement deux universités françaises dans le top 100 mondial), le déficit de formation des élites en sciences humaines, (on pense aux suicides dans certaines grandes entreprises (France Télécom, Renault...), les administrateurs qui ont "horreur du neuf"... 

A quoi sert l'ENA ?

Sur ce sujet encore, Bloch est visionnaire:

"Par l'établissement d'une Ecole d'administration, le Front Populaire prétendit battre en brèche le monopole des "Sciences Po". Le projet était mal venu. Mieux eût valu favoriser, par des bourses, l'accès de tous aux fonctions administratives et en confier la préparation aux universités, selon le large système de culture générale qui fait la force du Civil Service britannique"

L’édition Folio du livre de Bloch, parue en 1990, fut préfacée en ces termes sévères par  Stanley Hoffman, le grand professeur américain de Science Politique :

«  la réforme que souhaitait Bloch pour la France n’a pas vraiment eu lieu : la reconstitution de vraies universités ( ie : rapprochant les disciplines en lieu et place des facultés ) a tourné court, les grandes écoles avec leurs monopoles, et les grands corps, sont plus forts que jamais et les bibliothèques universitaire toujours aussi mal loties (…) Et la machinerie des partis politiques exhale toujours un parfum moisi de petit café ou d’obscurs bureaux d’affaires. » 

72 ans après le diagnostic de Marc Bloch, et 22 ans après la mise en garde de Stanley Hoffman, on est saisi par le sentiment affreux que les choses ont bien peu bougé dans la conception de notre appareil éducatif : toujours autant de bachotage et de surnotation dans le secondaire, toujours aussi peu de recherche (et d’autosatisfaction) dans les grandes écoles, toujours autant de cloisonnements entre les disciplines, toujours autant de patrons «  sans connaissances réelles des problèmes humains », puisque la matière la plus discriminante pour intégrer les meilleures écoles de management reste les maths, au détriment des sciences humaines et sociales. Il trouvait qu'on enseignait mal l'histoire. Là, ça s'est aggravé... La preuve: qui connaît Marc Bloch ?  

 

 

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Pour une Politique Agricole Commune (PAC) soucieuse de la nature et des Hommes

Pétition

Le sommet européen des 21 et 22 novembre prochain réunira les chefs d'État et de gouvernement pour décider du prochain budget de l'Union Européenne.
C'est à ce moment-là que sera décidée l'attribution des montants pour les différentes politiques européennes.
40% de ce budget est consacré à la Politique Agricole Commune (PAC) : aujourd'hui, les aides apportées aux agriculteurs soutiennent majoritairement une agriculture intensive, sans grande exigence en matière de respect de l'environnement.
Il faut faire évoluer les objectifs de la PAC et exiger que les aides attribuées soutiennent une agriculture durable, respectueuse de la nature et de la santé humaine.
Il n'est plus acceptable que l'argent des contribuables soit distribué sans une contrepartie forte à la conservation de la biodiversité, des sols
et de l'eau !
En votant le budget européen, les chefs d'État et de gouvernement ne doivent pas signer un chèque en blanc.
Pesez sur les décisions en signant et faisant signer la pétition adressée au Président de la République avant le 22 novembre !

http://www.avaaz.org/fr/petition/Pour_une_Politique_Agricole_Commune_PAC_soucieuse_de_la_nature_et_des_Hommes/?tHlLEdb

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